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Ceux qui nous suivent depuis quelques temps ont dû se rendre compte que nous avons déménagé plusieurs fois en peu de temps. Pas de quoi « fouette un chat comme on dit ».

(Rien à voir, mais en écrivant ça je me suis demandé d’où venait cette expression qui sous entend encore de faire du mal à un être vivant…voilà ce que j’ai trouvé :

Apparue au XVIIe siècle, l’expression voulait alors dire “il n’y a pas de quoi exciter un chat ». Il n’était nullement question d’un chat que l’on aurait fouetté car le verbe “fouetter” utilisé au sens figuré était un synonyme d’exciter et non pas de battre ou corriger.

Comme quoi ! On se couchera un peu plus cultivé ce soir)

Bref, retour aux histoires de déménagement qui illustrent parfaitement l’incidence de l’environnement de vie sur le bien-être de l’animal (humain ou non-humain) et donc sur ses comportements.

Ne prenez pas ça pour une leçon de morale. Il s’agit d’un simple partage d’expérience avec tout ce qu’il y a de subjectif 😉

Retour en ville

Dans les déménagements, il y a ceux qu’on choisit délibérément pour changer de vie, aspirer à être plus épanouie etc. et ceux que l’on fait car on a pas le choix (vous connaissez la musique, les loyers et l’énergie qui augmentent, le manque de place).

Le premier appartient clairement à la deuxième catégorie. Je vous épargne les détails, on est pas là pour ça 😉

Une première recherche dans une région trèèèèès chère en plus d’un statut de travailleur indépendant que les bailleurs n’aiment visiblement pas (comment ça c’est précaire ?!!).

Adieu petite maison de banlieue 😢. Adieu petit extérieur, adieu petits oiseaux qui gazouillent. Adieu la voie verte accessible à pied.

Budget oblige, direction la ville, bonjour le bruit 😭

Bon, on est pas les seuls à vivre avec un bébé et des animaux en ville. Mais clairement l’influence sur le bien-être de tout ce petit monde est loin d’être négligeable.

Par chance (en réalité on a pris ce qu’on a pu), on trouve quelque chose de pas trop mal : 3 pièces dans une résidence récente a priori plutôt calme (on va y revenir très vite), un balcon plutôt généreux, pas de route trop passante en direct sur le logement (comparé à d’autres logements), un tram passe pas loin mais on ne donne pas directement dessus non plus et on peut accéder à des champs et à une voie verte en ne faisant que 200m le long d’une route.

Le gros hic : la diminution drastique de la surface habitable. On réfléchit à l’aménagement pour assurer à chien comme chat un espace à lui où il ne sera pas embêté par un petit primate qui gambade. Quitte à ce que cela empiète sur le notre.

Pour le reste, il faudra s’adapter : augmentation des activités d’enrichissement (olfaction, mastication, recherche de nourriture etc), augmentation des temps de balades calmes et silencieuses (?), augmentation des activités de relaxation et j’en passe.

Deuxième gros hic : le bruit !

Ne me demandez pas comment j’ai pu louper ça lors des visites (j’ai sans doute visité pile poil au bon moment pour ne pas m’en rendre compte…). Le bâtiment d’à côté est composé d’une box de crossfit (une salle de sport qui implique de laisser tomber des barres d’haltérophilie au sol en très très grand nombre) ainsi qu’une crèche juste à côté (il n’y a qu’un cloison entre les deux).

Côté salle de sport : les haltères pleuvent de 7h30 à 13h et de 14h à 21h30. La musique qui accompagnent les séances s’entend toutes fenêtres fermées. En « heures de pointe », c’est un « bruit » d’haltère toutes les 10/15 secondes que l’on entend et ressent dans le sol et les murs pendant 2h quasi non-stop.

De l’autre côté du mur à la crèche, les enfants pleurent tous le temps, les puéricultrices perdent très souvent leur sang froid. En même temps, difficile de le garder dans des conditions pareils.

En résumé, un bruit continue qui sonne comme des agressions répétées tout au long de la journée.

Chez soi, on ne se ressource pas. On accumule de la tension sans jamais discontinuer.

Malgré les aménagements fait pour assurer un coin perso à chaque animal, la promiscuité n’est pas si facile à vivre : une barrière ou n’importe quelle séparation n’arrête pas le bruit ni la curiosité d’un tout petit.

Pour ce qui est de la curiosité, on pensera à apprendre à l’enfant à respecter l’espace vital de l’autre. Cela va de soi. Il n’empêche que l’on ne peut pas faire disparaître le « coin privé du chien » comme par magie et que cette zone est bien là. Elle est très tentante, surtout pour un enfant en pleine période de découverte.

Mais malgré tout le respect envers l’autre qu’il est possible d’inculquer, on ne peut décemment pas empêcher un tout petit de vivre, de rire et de jouer à quelques mètres, même si l’on privilégie les jeux dans une autre pièce.

C’est là la différence entre le théorie et la vraie vie : malgré un coin tout confort et le plus isolé possible, ma chienne (d’autres y arriveront peut-être) n’arrivent pas à se ressourcer suffisamment dans cette ambiance pleine de vie. Et cela se respecte : chacun à ses besoins spécifiques en terme de calme.

Son choix se porte donc sur le balcon pour être vraiment seule (malgré nos haltères adorées qui pleuvent non loin). Elle n’a qu’à demander pour être écouté. Mais elle renonce par la même à être auprès de nous. Elle s’isole tout en se couchant de l’autre côté de la porte en regardant patiemment à l’intérieur.

L’extérieur citadin n’est pas un plaisir pour ma petite vieille mais ça passe. De toute façon ces sorties là sont purement hygiéniques. Mais il n’empêche qu’elles manquent cruellement de liberté, de calme et autre.

On ne peut nier l’évidence même : les espaces sont réduits, il est difficile de prendre la distance et le temps qu’il faut. A n’importe quel moment, on peut se faire surprendre par un imprévu.

Le rythme ambiant se chargera de lui même de précipiter les choses, à moins de sombrer dans l’hyper-vigilance et la parano pour tenter (probablement en vain) de tout anticiper.

Une voiture qui passe, un tram qui klaxonne, un marteau piqueur qui retenti au loin, n’importe quel bruit urbain vient gâcher la délicieuse odeur de pipi qui traine par là dont petit chien aimerait bien se délecter tranquillement.

Le bruit dérange, le bruit agresse même s’il n’y a pas de peur ou de réaction particulièrement marquée. Il est là et même si l’on ne s’en rend pas compte, il surcharge émotionnellement à chaque instant chaque être vivant.

Les gens sont pressés, tendus, à fleur de peau. La norme est clairement de tirer une tête de 6 pieds de long. Beaucoup sont rivés sur leur téléphone ou s’enferment dans leur bulle des écouteurs sur les oreilles pour échapper au tumulte ambiant.

La palme revient à ce monsieur que j’ai vu promener (devrais-je plutôt dire trimbaler) son chien en bout de laisse tout en jouant non pas sur son téléphone mais sur sa tablette 😳

Les comportements observables témoignent d’un mal être beaucoup plus profond, oscillant entre une irritabilité certaine et un enfermement sur soi pour échapper à la réalité.

Qu’on en ait conscience ou non, cela se ressent et influence nos propres états, s’ajoutant à notre propre tension naissante. Et nos chiens n’y échappent pas.

A bien y regarder, je suis de plus en plus convaincu que notre société est anti-éthologique pour l’humain lui même. Tout va trop vite, trop chargé d’information.

Un mode de vie (en particulier citadin) au rythme effréné tendant inexorablement vers plus d’individualisme et d’immédiateté alors que le propre d’une espèce sociale est de se rassembler et de communiquer avec l’autre.

Que l’humain choisisse un monde qui le rend dingue, soit. Mais à quoi bon l’imposer au chien ?

Ça peut paraître extrême mais ça vaut le coup de réfléchir à la question.

Bilan des courses light

Au fil du temps, je vois ma chienne de plus en plus vigilante dès que l’on met le nez dehors. En intérieur, elle est à la fois plus silencieuse (et non pas calme 😔) et alerte sur ce qu’il se passe.

Elle ne dort plus que de manière superficielle et ne rêve quasiment plus.

Il lui arrive à présent de tirer vers un bout de pain qui traine au lieu de s’en foutre. Bouffe ou odeur, la patience n’y est plus.

Elle souffre maintenant régulièrement de diahrées aigues +++

Suite à plusieurs examens et analyses, il s’agirait d’une pancréatite chronique. Le traitement est purement symptomatique … en dehors des crises, impossible d’avoir des selles correctes (microbiote déréglé – la nourriture est la même qu’avant et convenait parfaitement).

Par chance, le Canikur est quand même un médicament ultra appétent (si jamais, vous embêtez pas avec la seringue géante. Mélangez la dose avec la ration et hop).

Les balades, longues et calmes, sont un sas de décompression inestimables. Si avant madame Galia rechignait à sortir s’il pleuvait trop fort (comprenez, j’aime pas avoir le poil mouillé 😱), il serait aujourd’hui inenvisageable d’en loupé une seule. C’est même tout l’inverse.

Plus longues, plus nombreuses qu’avant. Toujours plus détente. Parallèlement, plus d’activités en tout genre visant à l’apaisement. Et pourtant, l’excitation d’avant balade est digne de Taz le diable de Tasmanie 🙃

Gare à celui qui mettra ses chaussures pour descendre les poubelles sous peine de déclencher l’hystérie de joie de ce chien auparavant si tranquille.

Nul doute que la présence de notre salle de sport détestée a considérablement précipité les choses. Cela étant dit, une évidence s’impose : il y a besoin de changement. Et vite.

(Re)mise au vert

Nouvelle région : on gagne en mètres carrés, retour en logement individuel dans un environnement isolé. Et quand je dis isolé, c’est isolé de chez isolé. Zone blanche quasi totale et champ à perte de vue 🤩

Le gain en mètres carrés règle totalement le problème de promiscuité. Et cela sans aucune barrière ou quoi que ce soit. Il faut parfois intervenir pour rappeler à petit bout de respecter l’espace des animaux mais c’est extrêmement rare.

C’est bien simple, le gain de place fait que les espaces dédiés aux animaux n’intéressent plus du tout notre petite puce. Plus besoin pour ma chienne de s’isoler seule dehors. Elle pourrait mais n’en montre plus le besoin ni l’envie.

Le calme ambiant est une véritable source d’apaisement pour tout le monde. Et le chez nous reprend toute sa fonction d’espace de ressourcement. Ma chienne n’est plus silencieuse mais calme et dort profondément alors qu’il y a de la vie à côté. Mauvaise nouvelle pour moi, elle dort si fort qu’elle ronfle à nouveau 🐷

Les diahrées aigues (pancréatite chronique ?) se sont volatilisées aussi vite qu’elles sont apparues. Étant donné l’aspect des selles, on peut largement supposer un retour à la normal au niveau du microbiote 🎊

Point de vue enrichissements et d’entente en local, les choses sont évidement beaucoup plus simple à mettre en place avec 2500m2 de terrain entouré de champ à perte de vue que sur un balcon de 5m2.

Une simple dispersion de nourriture est tellement plus facile lorsqu’on a un dehors. Toutou peut prendre tous le temps qu’il souhaite pour chercher tranquillement sans être dérangé pendant que l’on vaque à d’autres occupations.

Bien entendu un extérieur n’est pas indispensable et de nombreux gardiens font tout ça en intérieur. Il existe d’ailleurs une multitude de choses possible en intérieur. Il faudra juste installer, ranger, reinstaller, reranger, rereinstaller, rereranger etc. tout en veillant à ne pas déranger et respecter ce temps d’activité sans passer toutes les 30 secondes au beau milieu d’un champ de croquette ou d’un tapis de fouille par exemple.

Alors qu’on soit bien d’accord, il n’y a rien d’insurmontable là dedans. Mais sans chercher d’excuses, j’ai fini par admettre qu’à la longue beaucoup de personnes finissent par se lasser, sautant une fois, puis deux puis tout court l’activité mentale de leur compagnon, complètement happées par leurs rythmes de vie.

Ayons juste l’honnêteté de reconnaitre que certains besoins sont tout de même bien plus simples à satisfaire lorsqu’on dispose d’un dehors (surtout pour les récalcitrants au rangement 😉 ). Et c’est inestimable pour tous les protagonistes.

Alors oui en théorie, le « chien en appart ça ne pose pas de soucis tant qu’on comble ses besoins. Mieux vaut ça qu’un chien dont on ne s’occupe pas en maison ». C’est pas faux dans l’absolu, mais je ne suis pas certain que ce simple conseil donne pleinement conscience de toutes les contraintes supplémentaires que cela peut représenter entre les trajets pour trouver des spots de balade tous les jours, les aménagements, etc. ou même une simple sortie hygiénique pressante (je vous jure en cas de diahrées aigues on regrette de ne pas juste avoir à ouvrir la porte !).

Même moi je suis le premier à apprécier de pouvoir prendre mon café tranquille pendant que ma fifille fait son pipi du matin au lieu de déambuler dans la rue à 6h la tête dans le gaz 🫣

Quant au fait que la jardin n’est qu’une simple pièce supplémentaire de la maison, je dis oui … mais non.

Une pièce supplémentaire, certes. Mais une pièce bien plus intéressante qu’un simple salon d’un point de vue canin (sauf pour roupiller). Une pièce avec du renouvellement d’odeur où on peut explorer. Alors bien sûr, il est inenvisageable de ne pas sortir du jardin.

Mais ce n’est pas qu’une simple pièce de plus. C’est une pièce vachement chouette en fait.

Et puis en réalité, on s’en est tous rendu compte durant les confinements 😉

Vous avez sans doute l’habitude de mes digressions, alors reprenons.

En intérieur comme en extérieur, fini l’alerte et la vigilance. La quiétude est dorénavant de mise. Le pas est léger, la truffe au sol. Si on se rapproche ponctuellement de la civilisation, il n’y a aucun problème : on observe ce truc qui fait du bruit au loin (TER, tracteur, scooter) puis on repart tranquillement vaquer à ses occupations après. Les distances sont beaucoup plus faciles à gérer. Il n’y a plus d’accumulation.

De côté des humains, les gens sont beaucoup plus posés et souriants. Beaucoup moins d’énervés sur la route, les commerçants discutent volontiers et sont gentils tout plein. Ce mieux être ambiant se ressent clairement sur les comportements de chacun.

Un environnement presque parfait

Un environnement idéal ?! Presque.

Car en rase campagne, il faut aussi composer avec les chasseurs. Parfois ça pétarade dur !

Difficile donc d’arpenter les forêts toute l’année. Mais nul doute que le reste du temps, la quiétude ambiante est un facteur de mieux être inestimable. En particulier pour tous les propriétaires de chiens anxieux, réactifs, phobiques (attention tout de même aux coups de feux) comme ceux qui sont complètement inhibés et renfermés sur eux même, c’est un must.

Alors bien sûr, tout le monde ne peut pas se permettre de changer d’environnement du jour au lendemain. Nos contraintes de vie sont parfois incompatibles.

Cela dit, on ne peut ignorer l’impact de notre environnement de vie direct sur notre bien-être et celui de son animal.

Pas de leçon de morale donc. Juste quelque chose à méditer.

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