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Comportement canin et bien-être
Accompagnement du chien et de l’humain

Repenser notre rapport au vivant

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Holisme, késako ?

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Sommaire

Souvent, quand je parle d’approche holistique les gens me regardent avec des grands yeux 😳

Je pense que dans l’esprit collectif, ce terme a une consonance un peu mystique ou quelque chose de ce genre… Que nenni !

L’holisme se définit comme une vision selon laquelle l’individu forme un tout indivisible. Toutes ses composantes physiques, physiologiques et psychiques sont interconnectées et interdépendantes les unes des autres.

Au-delà des apprentissages par association, de son environnement, de la communication ou encore la satisfaction des besoins du chien, le monde canin prend dorénavant de plus en plus en considération les potentiels problèmes médicaux qui peuvent être sources de problèmes ou de troubles comportementaux. Ce qui est soit dit en passant une excellente chose !

Je pense par exemple aux problèmes de thyroïde ou encore de « simples » douleurs qui peuvent (tout comme pour nous) impacter le comportement du chien. Ce ne sont bien entendu pas les seuls 😉

Pour autant, je pense que l’on est encore bien loin de voir le chien de façon holistique. Le lien entre le corps et l’esprit est bien plus profond.

Le corps a des tonnes et des tonnes de choses à raconter. Il parle au travers des sensations internes (rythme cardiaque et variabilité, respiration, noeuds dans le ventre, etc), de manifestations physiologiques externes (mydriases, salivation, problèmes cutanés, etc.) et bien sûr au travers des réactions comportementales (ceci est très loin d’être exhaustif !).

Problème, notre culture est totalement focalisée sur l’esprit, son analyse (tantôt objectif et rationnelle…tantôt pas du tout), ses émotions conscientes (bien qu’incontrôlables). En bref, focalisée sur ce que l’on appelle la régulation descendante.

➡️ « Je suis tendu, stressé, déprimé, mais ça va finir passer. Je prends sur moi en attendant ».

➡️ « Je suis en colère mais c’est socialement inacceptable de l’exprimer. Je prends sur moi en attendant ».

➡️ « Je ne me sens pas à l’aise / en sécurité quand je me promène dans cet endroit. Mais vu qu’il n’y a pas de raison apparente, ça doit venir de moi. Je ne dois pas le manifester et prendre sur moi ».

Autant d’exemple de régulations dites descendantes que notre culture nous enseigne dès notre plus jeune âge et que nous reproduisons tous les jours avec nos enfants et même nos chiens sans même nous en rendre compte.

Sauf que la réalité, c’est que le corps raconte l’inverse. Car le corps ne ment jamais, il en est parfaitement incapable.

Encore une fois, rien de mystique. Quoique. C’est selon si on le regarde via le prisme de la médicine traditionnelle chinoise ou via celui de l’Occident. Des visions à mon sens complémentaires, mais passons 😉

Quoi qu’il en soit, ne pas écouter ce que le corps a à dire, ce qu’il se trame dans notre environnement intérieur, nous coupe petit à petit de nos sensations. De notre propre expérience somatique.

Ce lien entre le corps et l’esprit est là à tout moment. Chose qui pourrait paraître évidente pour tout praticien en médecine alternative / énergétique / holistique mais que l’occident, avec sa vision fondamentalement cartésienne des choses, a mis beaucoup plus de temps à comprendre (découvrir et démontrer).

De là à l’accepter, c’est une autre affaire…pourtant, nos sciences occidentales ont réussi à mettre en évidence quelques faits forts intéressants :

⁃ le nerf vague, composé à 80% de fibres ascendantes, renvoie au cerveau bien plus d’infos qu’il n’en reçoit de lui

⁃ le système nerveux autonome (en entérique) joue un rôle fondamental dans nos comportements

⁃ le SNA réagit AVANT le cerveau (d’environ une demi seconde)

Et ça, ça va à l’inverse de ce que notre culture nous apprend. Ce qui est extrêmement déroutant de prime abord.

Comme je le disais, le corps a sa propre perception. Elle est inconsciente, instinctive, sans chichi. Le corps se passe d’interprétation. Il cherche en permanence des signes de sécurité ou de danger dans l’environnement externe et interne à lui-même (on parle de neuroception, terme inventé par S.W Porgès en 1995 pour décrire cette perception inconsciente différente de celle du cerveau).

Selon ce que le corps raconte, il nous permet d’adopter des comportements sociaux ou de défenses. Et lorsque le danger perçu est bien trop grand, de manière totalement incontrôlable mais surtout inconsciente, l’engagement social tout comme la régulation émotionnelle deviennent totalement hors de portée.

Et tout cela est OK. Heureusement que l’on est capable de réagir à un danger sans même réfléchir 🔥

Sauf que bien des éléments peuvent venir perturber cette belle neuroception, et donc amener le corps (et donc l’esprit) à percevoir plus de danger qu’il n’y en a réellement. Et ces éléments peuvent tout autant être internes qu’externes.

Ça peut aller de l’alimentation, la castration, les perturbateurs endocriniens, la prise de médicaments ou d’antiparasites, une maladie de certains organes, etc. Mais aussi le stress ou encore les traumas ainsi que tout ce qui l’on a pu faire sur le plan éducatif.

Je vais justement reprendre l’exemple de la flore intestinale, car Joël Dehasse a écrit un excellent post sur le sujet il y a peu (vous pouvez le lire ici).

Comme il l’explique très bien, le microbiote intestinal a une incidence directe sur les comportements. Et pas mal de problèmes ou de troubles comportementaux peuvent avoir une origine ou être aggravés par la malbouffe.

La malbouffe engendrant une dysbiose (dérèglement du microbiote) et par conséquent une inflammation à bas bruit de l’intestin qui se propage par le nerf vague du bas vers le haut. Du corps vers l’esprit donc. Propageant l’inflammation à certaines zones du cerveau.

C’est assez étonnant car la première fois que j’ai entendu parler de ce phénomène, c’était lors d’une conférence du Dr Aimie Apigian, spécialisée dans le trauma. A l’heure actuelle, de nombreux spécialiste s’accordent à dire que le trauma ne réside pas dans l’évènement en soi mais dans le système nerveux (c’est notamment le cas de Peter Levine ou de Robert aka « Bob » Schwartz).

Cela ne veut pas dire que l’évènement n’a aucune importance mais que l’événement a été totalement impossible à traiter par l’organisme, le bloquant dans son ultime réflexe de défense : la dissociation (activité vagale dorsale). Il en résulte que la victime ne peut plus revenir à un état sécure régulé (activité vagale ventrale).

La sortie d’un tel état physiologique (et donc psychologique) est relativement complexe et implique de nombreuses étapes. Mais là n’est pas la question. Elle est beaucoup trop complexe pour être traitée dans un simple post 😉

Le fait est que le trauma peut lui aussi amené à une dysbiose (tout comme un « stress » chronique mais c’est encore un autre sujet).

Mais pour aller plus loin, on pourrait remonter jusqu’à la naissance même du chien…est-il né par césarienne ? Par voie basse ? La mise-bas a-t-elle été difficile ?

Le rapport ?

C’est lors de la naissance que le tube digestif, encore stérile in utero, est colonisé. Lors d’une mise-bas par voie basse, les bactéries sont plus intéressantes d’un point de vu de l’équilibre digestif et psycho-émotionnel (ne me demandez par pourquoi. Je répondrais juste que la nature est bien faite 😉). Ce qui n’est pas le cas lors d’une césarienne où les bactéries maternelles transmises seront principalement celle de la peau.

Cette colonisation lors de la naissance servira par la suite de base pour le développement du microbiote intestinal. Chez l’humain, on considère que celui-ci évolue jusqu’aux 2 à 3 ans de l’enfant avant de prendre sa forme « définitive ». Terme qui est totalement inapproprié puisque comme nous l’avons vu, celui-ci est influencé par de nombreux facteurs externes et internes (maladies, stress, trauma, alimentation, etc).

Toujours est-il que la base de départ du microbiote digestif dépend donc de comment il est né et surtout de celui de sa mère…qui lui-même dépend de son environnement, de son alimentation, de son stress, de ses expériences (potentiellement traumatiques), etc…

En partant de cette base, le microbiote du chiot va se développer jusqu’à une forme pseudo-définitive (le terme exact est stable) là aussi en fonction de son environnement, de son alimentation, de son stress, etc…

Mais après cela, ce microbiote « stable » restera tout de même dépendant des mêmes facteurs, a priori dans une moindre mesure. Quoique.

Maintenant que l’on est parti sur le sujet de la naissance, on pourrait continuer à pousser les choses encore plus loin. En considérant l’influence du stress de la mère durant la gestation, des traumatismes des parents qui peuvent se transmettent de génération en génération via des mécanismes épigénétiques, etc.

Certains diront sûrement que je me pose beaucoup trop de questions 😅

Mais il s’agissait avant tout de mettre en évidence à quel point les choses peuvent être vues de manière globale. A quel point on peut, et surtout à quel point il est important de dépasser ce que l’on voit : le comportement.

Il ne s’agit ici que d’un « petit » exemple d’interaction corps-esprit (j’admets, je me suis un peu emballé). Des exemples, on pourrait en trouver plein d’autres comme la thyroïde, dont le fonctionnement dépend étroitement de l’activité du foie et des glandes surrénales (système orthosympatique).

Mais ce qu’il faut retenir, c’est que le lien entre le corps et l’esprit est présent à chaque instant. Le champ d’investigation est juste gigantesque. Voir le chien de manière holistique, c’est le voir selon ses composantes physiques, physiologiques et psychiques à l’instant T mais aussi au cours du temps.

Chacune de ces composantes, chacun de ses éléments est une pièce du puzzle. Parfois la pièce que l’on trouve permet d’avoir un bon aperçu du problème. Parfois non, car il n’y a que des petites pièces qui doivent toutes être trouvées pour espérer voir le motif se dessiner.

C’est à la fois la difficulté et la magie du vivant !

Au final, faudrait-il maitriser toutes ces compétences ? Certainement. Mais c’est probablement loin d’être possible en une seule vie.

C’est pourquoi il est indispensable de bien s’entourer. S’entourer de professionnels en sachant sur quoi ils peuvent agir : ostéo, chiropracteur, acuponcteur, praticien shiatsu, phytothérapeute ou encore aromathérapeute, conseiller en nutrition, vétérinaires ouverts aux médecines alternatives etc.

Et surtout d’être humble car il est impossible de regarder les choses par tous les prismes qui existe.

Le lien corps-esprit est tout le temps présent, et dans certains cas, l’être vivant n’est tout simplement plus en mesure biologiquement de se réguler, de se sentir en sécurité et de s’engager socialement. Pour des facteurs aussi bien externes, qu’internes.

Je crois intimement qu’il est indispensable de mieux prendre ce lien en compte pour avoir une approche réellement holistique du chien.

Et ainsi lui permettre de retrouver les conditions indispensables pour progresser et s’épanouir.

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