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Comportement canin et bien-être
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Repenser notre rapport au vivant

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Et si on parlait punition ?

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Sommaire

Quand on parle d’éducation, il existe un gros clivage entre les adeptes du rapport de forces et ceux qui se placent dans une dynamique de respect et de bienveillance envers le chien.

Il y a déjà beaucoup de bonnes choses écrites sur le sujet, sur les impacts négatifs de l’utilisation de la punition et des méthodes dites aversives. Les études scientifiques sur les sujets sont nombreuses et démontrent toutes les ravages de ce type de procédés.

Pourtant, les tenants de l’ordre et de la discipline n’en démordent pas : il faut imposer le respect, si besoin par la force. Ce qui nous amène inévitablement à une sorte de dialogue de sourds entre professionnels. Alors pourquoi autant d’entêtement ?

Peut-être parce que que nous essayons (comme toujours) trop de rationaliser les choses. Peut-être que nous n’analysons pas les choses sous le bon axe, que nous devons les examiner de façon plus globale.

Il faut commencer par prendre conscience d’une chose importante : si les professionnels du chiens semblent obsédés par l’idée de tout voir en termes de conditionnement opérant (en termes de renforcement et de punition), ce n’est clairement pas le cas du grand public qui possède un chien.

Pour beaucoup, lorsqu’ils “punissent” leur chien, il ne s’agit pas d’actes délibérés de maltraitance ou de cruauté, mais d’une manifestation de leur propre émotionnalité – colère, frustration, gêne, agacement, etc.

Souvent, c’est simplement parce que leur chien les irrite vraiment !

Je ne dis pas que cela justifie les coups, les cris, les isolements, les menaces, etc. Mais il est important de le reconnaître, car pour moi, c’est un élément important de ce qu’est une punition.

L’expression de la volonté et du pouvoir sur le comportement d’autrui, exprimée de manière négative, souvent par la force, en fonction des attentes et des jugements (très subjectifs) de celui qui inflige la punition.

punir son chien

Il est également important d’avoir conscience que notre rapport aux punitions est largement influencé par nos propres schémas éducatifs et affectifs. La plupart des gens reproduisent ce qu’ils ont vécu sans se rendre compte une seule seconde des conséquences.

D’ailleurs la plupart des personnes ne mesurent pas un instant les impacts que leur propre éducation à eue sur eux même, sur leur confiance en eux, leur confiance aux autres, leur sommeil ou encore leur régulation émotionnelle.

C’est un sujet extrêmement complexe que j’aborde régulièrement sur cette page et dans les webinaires disponibles sur mon site. Mais pour rentrer dans le détail, un simple post comme celui ci n’est pas des plus adaptés. Alors ne m’en voulez pas de ne pas pousser plus loin les choses (pour une fois j’essaye d’aller à l’essentiel, c’est un exploit).

Notions de bien et de mal

Nous vivons dans une société axée sur la répression, pas la compréhension de l’autre. Nous punissons quelqu’un en l’envoyant en prison parce que la société a jugé son comportement illégal, en d’autres termes, les jugements des autres ont décrété qu’il devait être puni.

En soi, ce n’est à première vue pas très controversé car nous nous devons d’assurer la sécurité des “respectueux de la loi” et nous avons besoin d’appliquer des mesures pour garantir un certain niveau de cohésion sociale.

Cependant, cela soulève de nombreuses questions concernant les motivations de ceux qui établissent ces lois et les “normes” sociétales. L’histoire regorge en effet d’exemple de répressions qui paraissent de nos jours totalement injustifiées.

Galilée a par exemple été condamné en 1663 pour avoir défendu la thèse de l’héliocentrisme (le soleil est le centre de l’univers) en totale opposition avec celle du géocentrisme (le terre est le centre de l’univers) qui été admise à l’époque.

Jusqu’en 1982, l’homosexualité était considérée en France comme un délit passible de trois ans d’emprisonnement. « On s’amusera » du retard du pays des droits de l’Homme comparé à d’autres pays européens comme l’Angleterre qui a légalisé les actes homosexuels en 1967 (par actes on parle d’un simple signe d’affection comme se tenir la main). A travers le monde, elle est d’ailleurs toujours considérée comme illégale dans de nombreux pays, parfois passible de peine de mort.

Plus récemment en France, le terme écoterrorisme est utilisé à tout va comme pour réprimer et discrédité des militants écologistes.

Ce qui peut être considéré un jour comme un comportement qui doit être réprimé et puni peut très bien devenir tout à fait banal.

La question étant : qui décide de la “loi” ? qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mal ?

Une différence de système de valeurs

Aujourd’hui, nous comprenons mieux le moteur émotionnel du comportement, non seulement chez les animaux, mais aussi chez les humains.

Alors que le système judiciaire cherche inlassablement à punir ceux qui enfreignent la “loi”, la majorité des études montrent que les personnes qui ont bénéficié d’un accompagnement orienté sur le (prendre) soin et à des programmes de réinsertion sont beaucoup moins susceptibles de “récidiver” que celles qui sont simplement punies.

Identifier les besoins sociaux, économiques et émotionnels sous-jacents qui sont à l’origine des comportements répréhensibles a bien plus d’impact que n’importe quelle punition.

Pour en revenir au monde canin, punir délibérément un chien n’a rien à voir avec une quelconque forme d’enseignement. Et il est de notre devoir d’empêcher ceux qui utilisent des « méthodologies dites aversives » de prétendre qu’il s’agit simplement d’une différence d’opinions, de méthodes et d’outils. C’est bien plus fondamental que cela. Il s’agit d’une différence de systèmes de valeurs, d’éthiques et de relation aux autres.

En décrétant que la « tâche » était plus importante que tout, ils ont décidé que la fin justifiait les moyens. La punition est directement et purement destinée à corriger / supprimer un comportement. Elle est totalement axée sur le seul comportement sans aucune autre considération.

Ce qui leur importe peu à ce moment-là, c’est ce que ressent le chien, le soulagement qu’il pourrait rechercher ou le besoin qu’il pourrait être en train de communiquer. En d’autres termes, « tant que tu la boucles, tu peux ressentir ce que tu veux ».

Ils sont instantanément juges, jurés et bourreau de ce qui est acceptable ou non.

Il est important de reconnaître qu’il y a le même risque de ne pas reconnaître ces choses en utilisant le renforcement positif. Encore une fois, si nous sommes uniquement axés sur le comportement (task oriented), il est moins probable que nous reconnaissions les besoins de l’autre en matière de besoins, de soins et de soutien.

Cette idée de la discipline est profondément enraciné dans nos manières de penser. Une partie de la “relation” décide de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas, sans laisser de place à l’expression du besoin ou à l’expression de soi que l’autre peut essayer de communiquer.

De mon point de vue, un professionnel usant délibérément de « méthodologies aversives » est totalement et fermement ancré dans le contrôle du comportement de l’autre. Il cherche à imposer par la force ses attentes en matière de comportement “approprié”, et à “corriger” tout ce qui ne correspond pas à ces attentes ou celles de son client. Et ce, indépendamment de ce que ce comportement peut réellement représenter pour la personne ou l’animal qui reçoit la punition.

Lorsque l’on est à ce point concentré sur la tâche, il n’y a de toute façon que peu ou pas de place pour l’attention aux besoins de l’autre.

Les émotions : moteur des comportements

C’est sur ce point que nous devons continuer à montrer en quoi nous sommes différents. Comment nous pouvons nous détacher d’une orientation purement axée sur le comportement, purement axée sur la tâche. Pour montrer que nous nous soucions de l’expérience émotionnelle de l’animal en face de nous, que nous écoutons, sans jugement ni attente.

Que nous nous efforçons d’être disponibles à leur vérité émotionnelle, leur réalité, et que nous cherchons à identifier leurs besoins en matière de sécurité, d’affection et de soutien. C’est ce qui nous différencie vraiment de ceux qui utilisent des punitions délibérées, et non pas une simple différence de méthodes ou d’outils.

Cela signifie qu’il faut s’éloigner de l’obsession du “comment faire » pour modifier le comportement (Tâche – task oriented) et se concentrer davantage sur les « pourquoi » qui se cachent derrière (Soins – care oriented) et les reconnaître.

En mettant davantage l’accent sur la sensibilisation à ces besoins de sécurité, de soulagement, d’affection et de soutien, et sur l’importance de l’expérience émotionnelle de l’individu, davantage de professionnels prendront conscience de la nécessité d’évoluer et comprendront pourquoi c’est important.

Continuer à débattre sur des questions de méthodes et d’outils conduit souvent à des points de vue plus tranchés, voire à un dialogue de sourd, et pendant ce temps là, on continue de promouvoir une approche purement opérante, orientée uniquement sur le comportement à modifier.

A mon sens, il est grand temps d’abandonner cette obsession pour le comportement à modifier. Car plus nous mettrons les besoins émotionnels de l’animal au premier plan, plus la punition sera de fait perçue comme inutile. Tout simplement car elle n’a aucune pertinence dans une dynamique de soutien.

Il ne s’agit pas de savoir qui à raison ou qui à tord mais de prendre en compte les besoins des autres, même ceux d’une autre espèce.

C’est ce que signifie une approche orientée sur le (prendre) soin.

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