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Coréguler : l’éloge de la lenteur

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Sommaire

Quand on parle de conscience de soi et qui plus est de calme (au sens de tranquillité), je parle souvent de corégulation.

Pour tout ceux qui suivent cette page depuis longtemps, ce terme devrait commencer à devenir familier. Surtout si vous avez visionné le wébinaire et/ou lu le ebook sur l’attachement 😉

Mais pour la plupart des gens, ce terme paraitra complètement abstrait. Et pourtant, beaucoup l’ont déjà expérimentée sans le savoir. Tout le monde a déjà croisé dû une personne solaire qui apaise rien que part sa présence. A moins que cette personne solaire ce ne soit vous 😉

Empathie et perméabilité aux émotions

Qu’on le veuille ou non, nous sommes perméables aux émotions des autres et les autres le sont aux nôtres. Parmi les autres : nos chiens.

On aura beau intérioriser, refouler, nier nos propres émotions, elles transparaissent. C’est comme ça.

Combien de fois sentez vous que quelqu’un ne va pas bien alors qu’il vous soutient le contraire (chose qu’il fait généralement de manière quelque peu agressive en vous envoyant allègrement balader) ?

Combien de fois la simple présence d’une personne qui bouillonne intérieurement à côté de vous vous a déjà fait monter en pression sans qu’il n’y de raison valable ?

Surement beaucoup ! Tout simplement car nous sommes perméables.

Le plus souvent, il faut bien reconnaitre que c’est quelque chose que l’on subit bien malgré nous (ou que nos chiens subissent). Lorsque l’un commence à déréguler, lorsqu’il sort de sa fenêtre de tolérance émotionnelle, il entraine l’autre avec lui.

En cause, une influence des neurones miroirs (que l’on retrouve aussi sous le nom de neurones emphatiques dans la littérature) et de ce que l’on nomme la neuroception, c’est à dire la perception inconsciente du système nerveux autonomes à percevoir des signaux de sécurité et de danger dans l’environnement interne, externe et entre individus.

Et ça, c’est quelque chose de très communs à pas mal d’espèce animale 😉

Pourquoi signaux de danger et de sécurité me direz-vous ?

Parce que l’on ne dérégule pas par hasard. Si le biologie se permet de vous faire sortir ou de faire sortir votre chien de sa fenêtre de tolérance émotionnelle, c’est qu’elle détecte un certain niveau de danger.

Que ce danger soit réel ou imaginaire n’est pas la question. La question, c’est l’expérience émotionnelle vécue par l’individu. Elle représente SA réalité (venez donc me dire que les abeilles c’est pas méchant et observez mes jambes claquer entre elles. Vous comprendrez 😉 ).

A l’opposé, lorsque aucun signaux de danger n’est détecté, que tous les signaux de sécurité sont là, on revient dans SA fenêtre de tolérance. Pas celle du voisin.

C’est là, et seulement là qu’un être vivant est capable de réguler ses émotions (et non pas prendre sur lui ou intérioriser), de communiquer, d’avoir des comportements sociaux et accessoirement d’aimer.

J’insiste sur le caractère personnel d’une fenêtre de tolérance. La mienne n’est pas celle du voisin. Pour un même stimulus / trigger / déclencheur / antécédent / truc qui se passe (appelez ça comme vous voulez), un chien A peut être en plein dans SA fenêtre de tolérance tandis qu’un chien B complètement en dehors.

La fenêtre de tolérance est donc extrêmement personnelle et les réactions des uns influent sur les autres.

Le hic étant qu’on est plus facilement happé par les autres lorsqu’ils sortent de leurs fenêtres de tolérance que l’inverse.

La colère de l’un, entraine la colère, la peur ou l’inhibition de l’autre.

L’excitation de l’un entraine une tension chez l’autre qui peut s’agacer en retour.

La dérégulation entraine la dérégulation. Un peu comme quelqu’un en train de se noyer se débat tellement qu’il risque d’entrainer par le fond celui qui essaye de le sauver. A moins que …

La dérégulation chronique syndrome du monde moderne

Pour espérer sauver notre noyé, il faut déjà savoir très bien nager soit même. Et plus l’eau est agitée, plus il faudra être un excellent nageur.

Avant de pouvoir naviguer en eaux troubles, il faut apprendre à voguer paisiblement sur des courants calmes. Au final, elle représente ça cette fenêtre de tolérance : la capacité de chacun à tenir le cap malgré les vagues.

Et c’est à force de naviguer dedans qu’elle finit par s’agrandir d’elle même (en dehors de toutes hors pathologies).

Le gros problème, c’est que notre quotidien favorise très largement la dérégulation : rythme de vie effréné, sur-stimulations (visuelles, acoustiques), sur-sollicitations, injonctions à la surperformance / surperfection, manque de contrôle sur notre vie, imprévisibilité, insécurité, etc.

De fil en aiguille, nous comme nos chiens pouvons passer tellement de temps dérégulés que nos fenêtres de tolérance diminuent, aboutissant à des comportements de moins en moins tournés vers la communication, de moins en moins sociaux et toujours plus défensifs / agressifs ou de repli sur soi, mais également à pléthore de symptômes psycho-somatiques reflétant les états émotionnels.

Une part visible parfaitement observable (les comportements). Une autre bien cachée, souvent négligée.

La dérégulation chronique est donc fondamentalement un problème de besoins reniés. Cela concerne les chiens tout autant que nous.

Besoins hédoniques ; besoins de quiétude ; besoin d’avoir du contrôle sur sa vie, ce qui finit toujours par être compensé, le plus souvent au détriment des plus « faibles » ; besoin de prévisibilité, de savoir où on va ; besoin de sécurité et de soulagement etc.

Les renier nous emmène inévitablement sur la mauvaise voie.

Notion d’ancrage et pleine conscience

Si le monde moderne est si favorable à la dérégulation, comment retrouver l’équilibre ?

Certains décideront de se mettre et/ou de mettre leur chien au vert temporairement ou définitivement. D’autres seraient tentés comme moi de (re)bâtir une société différente, plus proches et respectueuse des besoins fondamentaux du vivant. Ce serait sans doute l’idéal.

Mais pour beaucoup, changer complètement de vie sur un claquement de doigt n’est juste pas possible pour 1000 raisons.

Peut-on espérer devenir assez régulé soit même pour ne pas sombrer avec l’autre ? Mieux, peut-on espérer être suffisamment ancré pour aider l’autre à remonter à la surface ?

A titre personnel, je milite très largement en faveur des disciplines liées au bien-être qu’elle soit purement thérapeutique ou dans une dynamique de développement personnel : yoga, respiration, Shiatsu, Chiro, ostéo, sophro, EFT, méditation, thérapie cranio-sacrée et j’en passe.

Mais attention, il n’est pas question d’entrer dans le positive bullshit à la sauce mindfulness capitaliste !

Non, ni nos chiens ni nous ne ressentons que joie et bonheur. La vie est faite de toute une palette d’émotion qui ont toutes lieux d’exister.

J’irais même plus loin en recommandant de fuir toutes disciplines ayant ce type de discours et qui tentent de vous (auto)persuader que tout va bien. Vous n’obtiendrez rien mise à part nier vos émotions, les invalider et les intérioriser.

Tout ce que l’on obtient en faisant ça, c’est l’effet inverse.

Le véritable objectif est d’abord d’apprendre à reconnaitre nos états avant qu’il nous submerge. Apprendre à reconnaître nos émotions, sans les nier. Sans en avoir honte. Car elle représente votre expérience émotionnelle. Votre réalité. Votre perception des choses.

Dans des cas extrêmes, certains clients que j’accompagne éprouvent de la honte lorsqu’il m’avoue de manière agressive être totalement à bout, ne plus avoir envie / ne plus avoir l’énergie d’avancer et ne plus aimer leur chien.

C’est quelque chose qui m’aurait choqué il y a encore quelques années. Mais depuis, j’ai appris que cela est normal. Oui, j’ai bien dit normal.

Pour la simple et bonne raison qu’ils ne sont plus capables biologiquement parlant d’aimer. Le système d’engagement social étant devenu totalement hors de portée.

Plus capable de communiquer autrement que par l’agression. Quand à l’absence d’énergie pour faire, elle est aussi normale puisqu’elle traduit un profond malaise chez eux.

En ce qui concerne l’agressivité des propos, elle est elle aussi normale. Car la sortie d’un état de repli sur soi, de déni et d’immobilisme se traduit systématiquement pour un passage par la case réaction. Le plus souvent de l’agression.

Tout cela est purement physiologique.

Avec ces clients, c’est seulement après que les choses soient dites et expliquées avec compassion que l’on commence enfin à avancer.

Tout d’abord en apprenant à reconnaitre ses états émotionnels. Reconnaitre les plus infimes signes avant coureur. Un rythme cardiaque qui s’accélère, un essoufflement, une sensation de chaud ou au contraire un ralentissement lorsqu’ils éprouvent le besoin d’être seuls, de procrastiner, etc.

Toutes une palette de comportement parfois banaux, des sensations physiques qui permettent d’apprendre à se connaitre.

C’est seulement lorsque l’on a appris à reconnaitre ses états émotionnels (bon et mauvais) que l’on peut identifier ses déclencheurs, savoir si oui ou non on sort de notre fenêtre de tolérance et lorsque l’on est sur la limite. Savoir ce qui nous ressource et ce sur quoi il faudrait mettre l’accent. Savoir ce qui nous fait du mal.

A partir de là, il est possible de refaire grandir la fenêtre de tolérance du gardien. Non pas par magie. Ça serait trop beau.

Idéalement, cela passe par se débarrasser d’un maximum de choses toxiques et par la pleine conscience (la bonne on a dit) ainsi que des thérapies connexes. Autrement dit, tout ce qui est bon pour apaiser le corps et l’esprit.

A titre personnel, mon outil favori est la respiration, qui soit dit en passant est un magnifique point d’entrée sur le corps, le diaphragme étant un muscle semi autonome contrairement au coeur 😉

Et je suis toujours autant surpris de voir à quel point notre mode de vie nous a désappris à respirer correctement. Mais ce qui est le plus surprenant, ce sont les blocages que beaucoup de personnes ont lorsqu’on leur demande de respirer. Pas de respirer différemment. Juste respirer comme à leur habitude.

C’est dans ces moments là que l’on prend pleinement conscience d’à quel point le corps peut imposer une résistance. Si vous vous reconnaissez, je ne peux que vous conseiller de voir un thérapeute qui puissent identifier et lever des points de blocages physiques (oséto, chiro, etc).

En attendant, chantez. Fredonnez un air qui vous met de bonne humeur si vous avez besoin d’énergie ou une chanson que vous aimez et qui vous aide à vous poser. En chantant, vous serez de toutes façon obligé de respirer correctement 😉

Mais j’aime beaucoup transmettre les techniques respiratoires car c’est un outil qui s’emporte partout. Maitriser son souffle, c’est gagner un super pouvoir : celui de moduler son niveau d’énergie.

Et honnêtement avec de l’entrainement, c’est assez impressionnant.

En résumé, ralentissez.

Nul besoin de viser le niveau d’un moine tibétain. Encore moins d’avoir la « positive attitude » h24. Pas de recherche de perfection. Simplement apprendre à reconnaitre nos états et découvrir qu’on peut avoir du contrôle dessus 😉

C’est à force de réguler consciemment (ou inconsciemment) nos émotions que l’on finit par les auto-réguler complètement. C’est simplement ça être ancré.

Il y aura des jours avec. Des jours où on y arrive pas trop. D’autres pas du tout. C’est tout à fait normal. La vraie vie 😉

Et la co-régulation ?

La co-régulation consiste « simplement » à exploiter tout ces phénomènes pour aider notre chien (ou notre enfant ou un patient).

Il s’agit d’être une béquille pour aider l’autre à réguler l’émotion qu’il ne parvient pas à réguler seul pour le moment.

En pratique, cela revient ni plus ni moins qu’à observer son chien et soi même avec bienveillance. Lorsque vous vous sentez happer par l’état émotionnel de l’autre, vous en ressentirez aussi des signes chez vous.

Plus vous les détectez tôt, plus vous pouvez agir facilement. Et au besoin, aidez vous de votre outil préféré. Respirer, chanter, vous connecter à un souvenir rassurant etc. sans pour autant nier la réalité.

S’il le faut, prenez de la distance pour y arriver. Votre unique but est d’aider votre à chien à rester ou à revenir dans sa fenêtre de tolérance, en eaux calmes. Et pour cela, vous jouez sur vos propres sensations.

En tant que gardien, nous pouvons devenir de véritables bouées de sauvetage pour nos chiens lorsque nous parvenons à réguler pour deux.

Alors osez vous écouter. Osez aller à votre propre rencontre. Osez être des détectives à l’affût du moindre indice susceptible d’anticiper vos propres réactions.

Osez essayer des outils qui peuvent vous donner du contrôle sur votre physiologie.

Osez devenir le support sur lequel votre chien peut s’appuyer.


Pour aller plus loin :

On parle notamment de co-régulation dans :

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